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Face au changement climatique  

   

Conférence-débat
A l'occasion du premier anniversaire des accords de Paris (COP21) et de l'ouverture de la COP22, nous avons invité le 20 octobre 2016 Laurent LABEYRIE, ancien professeur des universités de Paris-Orsay et Versailles-St Quentin, ancien membre du GIEC (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), ancien adjoint au maire d'Arzon (56) chargé de l'environnement, actuellement co-président de Clim'actions Bretagne sud.
Il a fait le point sur les changements climatiques.

Le climat de la Terre a toujours changé sous l'impact des modifications de l'orbite terrestre, de la dérive des continents, du volcanisme, etc. La température moyenne de la terre a varié durant les temps géologiques entre 10° et 25° ; elle est actuellement de 15°. Le niveau des océans a varié durant ces mêmes temps géologiques de + 100 mètres à - 100 mètres par rapport au niveau actuel. Mais ces variations ont eu lieu sur des temps très longs. La nouveauté, c'est la rapidité des changements.
Ceux-ci sont dus à l'action humaine et aux gaz à effet de serre émis (CO2 provenant de la combustion du charbon et des hydrocarbures, méthane
Le méthane est naturellement présent dans l'atmosphère, mais les ajouts anthropiques ont amené son taux à plus que doubler depuis la révolution industrielle, atteignant 1,819 ppm (parties par million) en 2012, soit + 260 % par rapport au niveau préindustriel. En septembre 2016 le dioxyde de carbone était présent dans l'atmosphère terrestre à une concentration de 401 ppmv (parties par million en volume) contre seulement 283,4 ppmv en 1839 d'après les carottes de glace , soit une augmentation globale d'environ 42 % .

Réchauffement et dérèglements : 2016 est l'année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre.
  
Les gains les plus élevés de température ont été enregistrés en Arctique, aussi jamais la banquise n'a été aussi réduite.
La montée du niveau des océans s'accélère, d'abord du fait de la dilatation thermique : +1,4 mm/an entre 1930 et 1992, +3,4 mm/an entre 1993 et 1996, + 5 mm/an ces dernières années.
Les aires de répartition des espèces animales se modifient : ainsi l'aigrette garzette a fortement progressé ces dernières années, en colonisant massivement la façade atlantique française (60 % de l'effectif nicheur français en 2000). Présente dans le bassin méditerranéen dans les années 1950, elle niche dans le golfe du Morbihan en 1984, en Irlande en 1997.

Et demain ? Le GIEC a étudié différents scénarios, dont le plus optimiste ("RCP 2,6" : les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement sont contenus) et le plus pessimiste ("RCP 8,5" : continuation et accélération des processus en cours). Dans un cas, la température monterait en moyenne dans une fourchette de 0,9° à 2,3° ; dans l'autre de 3,2° à 5,4° par rapport à 2000.
source : GIEC
A la fin du siècle, la Bretagne pourrait gagner 2°  par rapport à aujourd'hui, avec des risques accrus de canicule et de sécheresse, alors que notre région a de faibles réserves d'eau. La Bretagne garderait cependant un climat privilégié du fait du rôle modérateur du Gulf Stream.
Le niveau des océans devrait atteindre plus d'1 mètre par rapport au niveau actuel à la fin du siècle, 5 mètres d'ici 200 ans.
La répartition des espèces végétales et animales évoluera : disparition du chêne et du hêtre, essor du chêne vert.
Tout cela aura des conséquences importantes pour l'agriculture, les littoraux, la nature, les migrations de population.

Alors, que faire ?
Des accords internationaux
ont été signés. Les accords de Paris (2015) ont pour objectif de limiter le réchauffement à 2° par rapport à l'ère pré-industrielle, c'est-à-dire à 1° par rapport à aujourd'hui. Ces accords en cours de ratification sont soumis à la bonne (ou mauvaise) volonté des Etats à les transcrire dans leur politique. 
En octobre 2016, les accords de Kigali ont prévu de bannir tous les hydrofluorocarbones d'ici 2050.

Chacun peut participer à l'atténuation des gaz à effet de serre par les économies d'énergie, l'utilisation des énergies non fossiles (chauffage solaire par exemple) ou en stockant le carbone (plantez des arbres !). Il faut changer le modèle agricole en privilégiant le marché local et les circuits courts.
Il faut commencer à s'adapter aux évolutions à venir : planter des espèces méridionales qui sont mieux adaptées à la sécheresse ; penser l'urbanisme sur le modèle provençal plutôt que poursuivre l'étalement urbain en lotissements qui sont une hérésie climatique.
Les problèmes liés au changement climatique peuvent être résolus, à tout le moins atténués, si nous nous y mettons tous. Maintenant.

Une table ronde "Changement climatique : Que pouvons-nous faire localement, individuellement, concrètement ?" a ensuite réuni Jean-Paul Aucher, Gérard Falquérho, Fabrice Jaulin  et Laurent Labeyrie.
Gérard FALQUERHO, maire de Caudan, a présenté ce que fait la commune, notamment dans le cadre de l'agenda 21 local : diminution de la consommation d'énergie (isolation des bâtiments communaux, utilisation de leds), achat d'un véhicule électrique, utilisation d'énergies renouvelables (chaudière bois des services techniques), diminution de la consommation d'espace dans la nouvelle zone de Lenn Sec'h, développer les cheminements doux (pistes vélos/piétons).
Fabrice JAULIN, directeur de Nature et Culture, a présenté le scénario agro-alimentaire Afterres 2050 : manger moins et mieux en diminuant les protéines animales et le sucre, en augmentant les protéines végétales, les légumes et les fruits, réduire l'élevage bovin, développer les productions locales, diminuer les importations, créer des emplois. Plus de détails sur le site Afterres 2050.
Jean-Paul AUCHER, président de l'Agence locale de l'énergie de Bretagne-sud ALOEN, a fait le point sur la situation énergétique de Lorient-agglomération : une facture énergétique de 421 millions d'euros (2013), une faible production (part d'autoconsommation de 4,3%), une consommation due essentiellement à l'habitat (56%) et aux transports (29%). L'ALOEN veut sensibiliser aux économies d'énergie et apporte des conseils neutres et gratuits. L'espace Info Habitat apporte les renseignements sur la rénovation, notamment thermique, des logements.


compte-rendu : Ph.Lapresle

   
Pour compléter  Comprendre le réchauffement climatique

Le changement climatique en Bretagne :  dossier publié par Bretagne environnement, juin 2015.

Rapport du GIEC : Changements climatiques : incidences, adaptation et vulnérabilités.

Les accords de Paris (COP21)

   
Et nous, que pouvons-nous faire ? - réduire l'utilisation de la voiture : Caudan est une petite ville, on peut s'y déplacer à pied ou en vélo.

- acheter local : acheter à Caudan, acheter des produits de la région. 
Mieux : acheter à Caudan des légumes de l'agriculture bio produits à Caudan. Deux adresses : la ferme du Koz Ker - le Cosquer - 07 81 35 30 51 - ouvert les mercredi (m. - a.m.) et vendredi (a.m.)  - et l'ESAT Armor-Argoat - Kergoussel - 02 97 76 44 50

- réduire sa consommation de chauffage en limitant la température, en améliorant l'isolation de sa maison.

- réduire sa production de déchets : réduire les emballages, composter ses biodéchets au fond de son jardin, boire l'eau du robinet.

   
A lire aussi sur notre site L'agenda 21 communal Un exemple de politique énergétique locale : le Mené (22)