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Un exemple de politique énergétique locale : le Mené (22)

Merci à Marc Théry d'être venu nous présenter cet exemple le 2 avril 2013.

Merci à Céline Blaison de nous avoir accompagnés à Collinée le 22 mai 2014.

   

La Communauté de communes du Mené regroupe 7 communes rurales des Côtes-d'Armor ; ses 6500 habitants vivent de l’agriculture et des industries agroalimentaires, surtout l’abattoir Kermené appartenant au groupe Leclerc et employant 2000 salariés.

  La communauté de communes s’est fixé en 2005 l’objectif de l’autonomie énergétique en 2025, obtenue à 100% par des énergies renouvelables locales. Les besoins annuels sont estimés à 16 700 tonnes équivalant pétrole, soit 9 millions d’euros. Ils seront couverts en combinant plusieurs modes de production (la méthanisation, l’éolien et le photovoltaïque produisant de l’électricité ; les chaufferies bois ; l’huilerie produisant un biocarburant) et les économies d’énergie.

Le bois : 8 chaudières bois alimentées par 17 km de haies et 30 ha de taillis plantés (saules, aulnes, frênes) et coupés tous les 3 ans. Des plate-formes de stockage et séchage ont été implantées dans plusieurs communes. La chaleur produite est distribuée dans des bâtiments publics ou privés proches par un réseau.

  Exemple du réseau du Gouray.

 

 
Le vent : un premier parc de 7 éoliennes de 90 m de haut, ayant une puissance totale de 850 kW est en service depuis 2013 ; 2 autres parcs sont prévus. 30% des fonds proviennent d’investisseurs locaux ; 147 ménages réunis en 8 CIGALES (club d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire) ont investi 530 000 €.
La biomasse animale :

L’usine de méthanisation est située à St Gilles du Mené. Elle permet de traiter les excédents d’azote des exploitations, des graisses issues des usines agroalimentaires de la région, et des boues de stations des zones industrielles. La capacité totale de traitement est de 75 000 tonnes/an. Pour valoriser les rejets d’eau issus du processus de traitement du digestat, des plantations de saule TTCR (taillis à très courte rotation) ont été réalisées. La production locale de cette biomasse sera affectée dans les plate-formes bois-énergie installées sur le territoire.

Sur le plan énergétique, l’usine permet une production d’énergie importante issue de la transformation des matières organiques. En effet, le biogaz produit est utilisé pour alimenter deux moteurs biogaz produisant  entre 13 et 15 millions de kWh/an d’électricité. A cette énergie électrique, viennent s’ajouter la production de 14 400 MWh/an d’énergie thermique. L’une des perspectives d’avenir concernant la chaleur basse température (issue du refroidissement des moteurs) est l’alimentation d’une serre.

Les digestats solides sont exportés comme engrais dans la Beauce.

 

La biomasse végétale : l’huilerie Ménergol de St Gouéno produit depuis 2007 des tourteaux de  colza pour l’alimentation animale et de l’huile de colza vendue localement pour la consommation humaine, mais utilisable aussi en carburant. Elle est alimentée par 65 agriculteurs cultivant 500 ha.

La valorisation en circuit court de cette ressource énergétique locale permet de réduire l’utilisation de l’énergie fossile. En effet, l’huilerie ne produit aucun déchet. La production d’huile, à capacité maximum et à exploitation exclusive comme carburant, représenterait une économie d’émission de CO2 de l’ordre de 4000 tonnes/an.

  

    
 

 

Le soleil : des panneaux photovoltaïques ont été posés sur des bâtiments agricoles, sur les plate-formes d’énergie bois, sur les toits d’une école.
Il est prévu la construction de 35 maisons d’habitat locatif chauffées uniquement au soleil (0 € de dépense de chauffage) et par ailleurs d’une centrale solaire de 6 ha.

 

Les économies d’énergie : réduction de l’éclairage public, diagnostic sur les bâtiments publics, bâtiments basse consommation (restauration scolaire, pépinière d’entreprises), etc.

 

Développement économique : une pépinière accueille pour 3 ans maximum 6 petites entreprises travaillant sur les économies d’énergie ou les énergies renouvelables ; 2 entreprises se sont installées après avoir quitté la pépinière.

Bilan :

Actuellement, le Mené a atteint un taux d’autosuffisance de 24%.    25 millions € ont été investis.     5 emplois ont été créés.    Les acteurs du territoire sont partie prenante.    Un plan pluriannuel d’investissement a été établi.

Mais :  Difficultés à mettre en place des programmes locaux dans une France centralisée.   Instabilité réglementaire.    Lobbying des grands groupes énergétiques.

Site internet : http://www.ccmene.fr/accueil/pole_energies/la_route_des_energies

 

Qu’en retenir ?

Tout n’est pas transposable à Caudan. On n’imagine pas une usine de méthanisation odorante dans une commune suburbaine !

En revanche, le développement d’un bouquet d’énergies renouvelables, les économies d’énergie, l’appel à l’investissement local sont transposables, à condition qu’il y ait une volonté des élus locaux pour initier et soutenir de tels projets.

 

Compte-rendu et photos . Philippe Lapresle